À quoi sert le détartrage ?
La plaque dentaire est un biofilm bactérien qui se forme en permanence à la surface des dents. Lorsqu'elle n'est pas éliminée par le brossage, elle se minéralise en tartre — un dépôt dur, jaunâtre ou brunâtre, impossible à retirer avec une brosse à dents. Ce tartre constitue un terrain idéal pour la prolifération bactérienne.
Le détartrage poursuit plusieurs objectifs essentiels :
- Prévenir la gingivite : le tartre irrite la gencive et provoque une inflammation chronique. Les gencives qui saignent au brossage sont souvent le premier signe d'accumulation de tartre.
- Éviter l'évolution vers la parodontite : sans traitement, la gingivite progresse vers une atteinte de l'os de soutien des dents (parodontite), cause majeure de déchaussement dentaire chez l'adulte.
- Supprimer les réservoirs bactériens : le tartre sous-gingival, invisible à l'oeil nu, entretient des poches parodontales où les bactéries prolifèrent à l'abri du brossage.
- Maintenir l'esthétique : le tartre supra-gingival, souvent coloré par le café, le thé ou le tabac, altère l'apparence du sourire. Son retrait redonne aux dents un aspect propre et lisse.
- Préserver la santé générale : les bactéries parodontales sont associées à un risque accru de maladies cardiovasculaires, de diabète déséquilibré et de complications lors de la grossesse.
Bon à savoir : même un brossage irréprochable ne peut éliminer 100 % de la plaque dentaire. Certaines zones — espaces interdentaires, faces linguales des incisives inférieures, sillon gingival — restent des zones d'accumulation privilégiées où le tartre se forme inévitablement.
Comment se déroule une séance ?
Au cabinet du Dr Todea à Saint-Louis, le détartrage se déroule en plusieurs étapes, dans un souci de précision et de confort patient.
1. Examen clinique préalable
Le praticien évalue l'état des gencives, repère les zones d'accumulation de tartre supra- et sous-gingival, et vérifie la profondeur des poches parodontales à l'aide d'une sonde. Le scanner intra-oral permet de visualiser avec précision les zones concernées et d'adapter le traitement.
2. Détartrage aux ultrasons
L'instrument à ultrasons (piézoélectrique) émet des vibrations haute fréquence qui fragmentent le tartre sans toucher l'émail. Un jet d'eau continu refroidit la zone et évacue les débris. La technique est rapide, efficace et généralement indolore. Pour les zones difficiles d'accès ou le tartre sous-gingival profond, des inserts spécifiques plus fins sont utilisés.
3. Polissage
Après le détartrage, un polissage avec une pâte légèrement abrasive lisse la surface de l'émail. Cette étape est essentielle : une surface lisse retient moins la plaque et retarde la formation de nouveau tartre. Le polissage élimine également les colorations superficielles (café, thé, tabac).
4. Conseils personnalisés
Le praticien identifie les zones de brossage insuffisant et adapte ses recommandations : technique de brossage, choix de la brosse (manuelle ou électrique), fil dentaire, brossettes interdentaires. Ces conseils individualisés font partie intégrante de la séance.
La durée d'un détartrage classique varie de 20 à 40 minutes selon la quantité de tartre accumulé. Aucune anesthésie n'est nécessaire dans la grande majorité des cas.
À quelle fréquence faut-il se faire détartrer ?
La fréquence optimale dépend du profil de chaque patient. La recommandation générale est un détartrage tous les 6 à 12 mois, idéalement couplé à la visite de contrôle annuelle.
Certains facteurs justifient un détartrage plus fréquent (tous les 3 à 4 mois) :
- Antécédents de parodontite : les patients traités pour une maladie parodontale nécessitent un suivi rapproché pour éviter la récidive.
- Tabagisme : le tabac favorise l'accumulation de tartre, réduit la vascularisation des gencives et masque les signes d'inflammation (les gencives saignent moins malgré la maladie).
- Diabète : la relation bidirectionnelle entre diabète et parodontite est bien documentée. Un détartrage régulier contribue au contrôle glycémique.
- Grossesse : les variations hormonales augmentent la sensibilité gingivale et le risque de gingivite gravidique.
- Appareils orthodontiques : bagues et fils compliquent le brossage et favorisent l'accumulation de plaque.
- Salive épaisse ou débit salivaire réduit (xérostomie) : la salive joue un rôle tampon et nettoyant naturel ; son absence accélère la formation de tartre.
Prise en charge : l'Assurance maladie rembourse un détartrage (codes CCAM ABDM001 + ABDM002) par an, à hauteur de 70 % de la base de remboursement. Les mutuelles complètent généralement le reste. Au cabinet Dr Todea, nous pratiquons le tiers-payant pour simplifier vos démarches.
Détartrage et parodontologie
Lorsque le tartre s'est installé en profondeur sous la gencive, un simple détartrage de surface ne suffit plus. Le praticien réalise alors un détartrage-surfaçage radiculaire (DSR), aussi appelé « curetage parodontal ». Cette procédure, réalisée sous anesthésie locale, consiste à nettoyer méthodiquement les poches parodontales et à lisser la surface des racines pour empêcher la réadhérence du tartre.
Le DSR se déroule généralement en 2 à 4 séances, par quadrant ou par hémi-arcade. Les instruments à ultrasons sont complétés par des curettes manuelles spécifiques (curettes de Gracey) pour un nettoyage minutieux des surfaces radiculaires.
Les signes qui doivent alerter et motiver une consultation rapide :
- Saignement régulier au brossage ou spontané
- Gencives rouges, gonflées ou qui se rétractent
- Mauvaise haleine persistante malgré une hygiène correcte
- Mobilité dentaire ou impression que les dents « bougent »
- Espaces qui apparaissent entre les dents
La parodontite est une maladie chronique qui ne guérit pas spontanément. En revanche, prise en charge précocement, elle se stabilise très bien grâce à un protocole de détartrage adapté et un suivi régulier. Plus le diagnostic est précoce, plus le traitement est simple et les résultats durables.
Les bons gestes entre deux détartrages
Le détartrage professionnel ne remplace pas l'hygiène quotidienne — il la complète. Entre deux séances, plusieurs habitudes permettent de limiter l'accumulation de tartre et de maintenir des gencives saines :
- Brossage bi-quotidien (2 minutes minimum) : la brosse électrique à tête ronde oscillante s'avère plus efficace que la brosse manuelle pour désorganiser la plaque, en particulier au niveau du sillon gingival.
- Nettoyage interdentaire quotidien : fil dentaire, brossettes interdentaires ou hydropulseur. Les espaces interdentaires représentent 40 % de la surface dentaire — le brossage seul ne les atteint pas.
- Dentifrice fluoré (1 450 ppm minimum) : le fluor renforce l'émail et participe à la lutte contre la déminéralisation.
- Limiter les facteurs aggravants : le tabac est le premier ennemi des gencives. Le grignotage fréquent et les boissons sucrées entretiennent le biofilm bactérien.
- Bain de bouche ciblé : à base de chlorhexidine en cure courte (10 jours maximum) après un détartrage ou en cas d'inflammation gingivale. À ne pas utiliser en continu (risque de coloration et de déséquilibre de la flore buccale).
Les patients qui présentent des dents sensibles après le détartrage peuvent utiliser un dentifrice désensibilisant pendant 2 à 3 semaines. La sensibilité disparaît généralement en quelques jours une fois la gencive réadaptée.
Détartrage : les idées reçues
Plusieurs croyances persistantes freinent encore certains patients. Faisons le point :
« Le détartrage raye les dents »
Faux. Les instruments à ultrasons modernes vibrent à haute fréquence sans entrer en contact abrasif avec l'émail. L'émail dentaire (tissu le plus dur du corps humain) n'est pas endommagé par la procédure. Le polissage qui suit lisse au contraire la surface et la rend plus résistante à l'accumulation de plaque.
« Mes dents bougent après le détartrage »
C'est une perception trompeuse. Le tartre qui s'était accumulé entre les dents donnait une impression de « bloc ». Une fois retiré, les dents retrouvent leur mobilité naturelle — qui était masquée. Si une mobilité réelle est constatée, c'est le signe que le tartre a déjà causé une perte osseuse parodontale qui nécessite un traitement.
« Les gencives saignent à cause du détartrage »
En réalité, c'est l'inverse : les gencives saignaient avant le détartrage parce qu'elles étaient enflamées par le tartre. Le saignement constaté pendant la séance est lié à l'inflammation préexistante. Après le détartrage, les gencives guérissent et le saignement cesse progressivement.
« Un détartrage par an suffit pour tout le monde »
Pas nécessairement. La fréquence doit être adaptée au profil du patient. Certaines personnes forment très peu de tartre, d'autres en accumulent rapidement en raison de la composition de leur salive, de leur hygiène ou de facteurs de risque (tabac, diabète). C'est au praticien de définir le rythme idéal.
« Le détartrage fait mal »
La grande majorité des patients ne ressentent aucune douleur. Une gêne passagère est possible au niveau des collets exposés ou des zones de récession gingivale. Le praticien peut adapter la puissance des ultrasons ou appliquer un gel anesthésiant de surface si nécessaire.
À retenir : le détartrage est l'acte préventif le plus efficace pour protéger vos gencives et éviter le déchaussement dentaire. Régulier et indolore, il constitue la base de tout suivi bucco-dentaire sérieux.
Au cabinet du Dr Todea à Saint-Louis, le détartrage s'inscrit dans une approche globale de prévention. Chaque séance est l'occasion de faire le point sur votre santé bucco-dentaire, de dépister précocement d'éventuels problèmes et d'adapter les recommandations d'hygiène à votre situation. Parce que des gencives saines sont le fondement d'une bouche en bonne santé.
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